Antoine Poupel

Le printemps de la photo au Havre

L’invité d’honneur 2019

La 12è édition du parcours photographique havrais se déroulera du 6 au 28 avril 2019

Après les invités d’honneurs des éditions précédentes, Klavdij Sluban, Yvon Bobinet, Miriam Ruisseau, Bernard Plossu… Antoine POUPEL exposera une série photographique intitulée
SAISONS 5 aux JARDINS SUSPENDUS. Cette exposition sera le pivot du parcours.

Les Jardins Suspendus s’inscrivent dans le paysage havrais comme un lieu emblématique offrant aux visiteurs un univers de découverte végétale et sensorielle. Ce site exceptionnel, d’une surface de 17 hectares, surplombe la baie de Seine et offre une vision admirable sur la mer, le port et la ville.

C’est dans ce cadre exceptionnel qu’Antoine Poupel présentera un travail autour des saisons.
Ses photographies se destinent à entraîner dans un mouvement volontaire des éléments de paysage prélevés ça et là aux quatre coins du monde, dans un rythme singulier, qui s’entremêle jusqu’à aboutir à la « Saison 5 »

Antoine POUPEL expose SAISONS 5

Texte Anne-Marie SUDRY

Il s’agit d’un travail autour des saisons.

Ce n’est pas la nature et son décorum qu’Antoine Poupel souhaite offrir au regard, mais plutôt ce qu’elle révèle de sensations, de moments d’illuminations et d’émerveillement.

Ses photographies se destinent à entrainer dans un mouvement volontaire des éléments de paysage prélevés ça et là aux quatre coins du monde, dans un rythme singulier, qui s’entremêle jusqu’à aboutir à la « Saison 5 ».

Puisque la nature s’offre à notre regard, nous contient, nous ravit, nous dérange voire nous engloutit, il s’autorise à la revisiter, afin de faire apparaître ce qu’elle mobilise de nos affects. Dans cette atmosphère intimiste, les divers fragments paysagers s’émancipent du connu.

Il invite le visiteur à évoluer dans une création singulière et autonome, qui ravive la libre intelligence du regard, des lumières, des matières, des significations, des perceptions.

Cette installation se situe en adéquation avec la visée de son travail : border, circonscrire l’espace de présentation, loger des « instants de nature » dans une surface, en laissant la place au manque, dans le hors champ.

Ses créations s’inscrivent avec souplesse dans un espace circonscrit. Ainsi l’imaginaire du visiteur peut transgresser les limites du cadre, peut devenir sujet du paysage dans lequel il vagabonde à son gré.

Les mélanges et superpositions de paysages abolissent les frontières géographiques : des instants saisis dans plusieurs pays cohabitent. Le rythme des saisons est aboli, il en écrit sa partition personnelle.

Son travail sur les saisons a donné lieu à la publication en 2014 d’un livre objet «  Un cinquième climat »  avec des textes de Gilbert Lascault, qui écrit :

« Chaque photographie d’Antoine Poupel est un émerveillement furtif, une illumination, une splendeur équivoque, une beauté insaisissable. Celui qui la regarde se trouve, se perd et se reconnaît. Il est fasciné, hypnotisé : il s’égare ; il se fourvoie et se retrouve. Chaque photographie est un instant de l’infini. Elle est un mouvement suspendu.

Contrebandier permanent, Antoine Poupel traverse les frontières des saisons. Il les franchit. Il transgresse les limites ; il les enfreint ; il passe les bornes. Il est un passeur. Il invente un temps hybride qui pervertit le printemps, qui trahit l’été, qui dévoie l’automne, qui débauche l’hiver. Il est un agent double qui trompe l’Occident et l’Orient, le Nord et le Sud. Il est un anti-météorologue, un pseudo-géographe. Il est un voyageur insaisissable. Il est un prestidigitateur ».

L’espace s’ouvre, venant vérifier les propos de Theodor W Adorno, dans son ouvrage Théorie de l’esthétique :
L’art veut tenir la promesse de la nature. Il aimerait se rapprocher de ce qui dans le langage de la nature se ferme aux hommes ».